Vous avez dit MANIEUR ?
par Georges-Henri Arenstein, psychologue et zoothérapeute
Devinette. Qui est la plus jeune manieure de chiens au Québec ? Très probablement Catherine Jacques.
Le manieur de chiens exerce une profession très peu connue mais qui fait néanmoins partie des nombreux métiers du chien. Pour le bénéfice des lecteurs, j’ai rencontré Catherine l’été dernier afin qu’elle nous livre quelques secrets de cette activité associée le plus souvent aux concours de conformation.
Il est évident que la condition première pour être efficace est d’avoir une bonne connexion avec le chien. En effet, c’est le manieur qui fait le tour du ring avec le chien pour le présenter au public et au juge. Un temps préalable de présentation mutuelle entre le manieur et le chien permet de mettre les chances de son côté. Le chien doit avoir bénéficié d’un certain entraînement pour obéir aux consignes de base. Ça peut bien fonctionner aussi si le manieur rencontre le chien le jour-même de la compétition, mais cela varie énormément selon la personnalité du chien. Les chiens qui n’ont pas bénéficié de beaucoup d’entraînement doivent être rencontrés au préalable, de préférence plusieurs fois, par le manieur.
Laissons parler Catherine : Je me familiarise avec le chien, puis je lui fais faire des ronds, des allers-retours comme dans un vrai ring. Il est très utile aussi de permettre au chien de pratiquer avec différentes personnes qui font semblant d’être le juge et qui touchent le chien à différents endroits pour qu’il s’habitue. Évidemment, le chien doit se tenir tranquille pendant l’examen. Il ne faut surtout pas qu’il recule quand il voit le juge arriver !
Comment devient-on manieur ? On peut suivre un cours avec une personne expérimentée. Ce n’est pas obligatoire, mais c’est mieux. Il n’y a pas vraiment d’école, mais on peut se faire initier par un manieur d’expérience. Parfois, c’est le propriétaire du chien qui le manie pendant la compétition. La plupart ne prennent pas de cours : ils se sentent prêts et ils y vont. Parfois, ça va bien, mais ils risquent de faire les choses maladroitement.
Les shows qu’on voit à la télévision, c’est pas mal le top et les gens qui ne savent pas trop comment s’y prendre restent en bas de l’échelle.
Le juge touche les os et les muscles du chien et vérifie s’ils sont conformes aux standards (normes) de la race. Tout est important : le port de la tête, la position des pattes, la queue, tout.
Catherine a commencé cette activité dès l’âge de 12 ans. Elle exerce un peu partout au Québec et se fait connaître par le bouche à oreille. Les propriétaires de chiens se rendent vite compte qu’elle fait du bon travail et ils passent son nom et ses coordonnées à d’autres propriétaires de chiens.
Catherine a aussi commencé à faire de l’agilité avec son chien. Elle arrive déjà au niveau avancé et elle se lance maintenant dans le flyball.
Normalement, le manieur est rémunéré pour son travail. Le montant se discute et se négocie entre le manieur et le propriétaire. Catherine adore voyager avec les propriétaires du chien, ce qui arrive quelquefois. Elle a travaillé avec des Danois, des Boxers et plusieurs petites races dans plusieurs villes du Québec.
Catherine étudie actuellement en Relations humaines au cégep. Son ambition est de devenir maître chien dans la police. À en juger pas ses succès, elle semble bien avoir toutes les qualités requises pour y arriver.
On rejoint Catherine Jacques à l’adresse suivante :
jacques.catherine@hotmail.com